D’Istanbul a la Georgie

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Merhaba chers amis!

Voici donc la suite de nos aventures turques…

Apres 6 semaines de pause, nous revoila sur nos bicyclettes…Nous avions bien pris soin de graisser notre mecanique a coups de moussaka et de baklavas pour eviter la rouille! Mais du coup, c’est alourdis de quelques kilos que nous quittons Istanbul. Direction plein Est! Nous choisissons de traverser les montagnes de Bolu afin d’eviter la cote de la mer Noire (d’Istanbul a Samsun), qui, certainement jolie, est egalement pluvieuse et fotement valonnee a ce niveau. Les 300 premiers kilometres ne furent pas glorieux, nous peinons a sortir de la zone d’influence de la megapole que nous quittons. Grosses zones industrielles et grosses villes sans ame se succedent le long de cette longue route passante. Cantones dans notre large bande d’arret d’urgence, de gros camions ne cessent de nous doubler a coup de klaxones amicaux mais tonitruants. Tout est gros dans cette Turquie qui nous apparait en pleine effervescence economique. Et pour parfaire le tableau, la pluie que nous cherchions a eviter est finalement regulierement au rendez-vous! Le soir, pas une campagne pour s’echapper, pas un brin d’herbe pour planter la tente. Il faut dire que la froide humidite ambiante ne nous motive pas a approfondir nos recherches! Urbain pour urbain, les stations services qui jalonnent la route deviennent vite nos points relais. Comme quasiement tous les turcs que nous rencontrons, c’est avec chaleur et sourires que les pompistes nous acceuillent. Il y’a toujours un restaurant desaffecte, une piece en construction, un vestiaire de gymnase, le bureau du directeur de la station ou le cote femme des petites mosquees de route ou installer notre campement.

A partir de Bolu, la route nous offre enfin quelques beaux paysages. Sous un soleil radieux, mais dans un froid sec, nous pedalons dans l’immensite de cette plate vallee d’altitude, bordee de montagnes desertiques, zebrees de neige. Assez vite malheureusement, nous quittons ces immensites pour redescendre vers la mer. On s’offre un detour pour s’echapper de cette interminable 2×2 voies, pour la tranquilite de circuler seul au milieu des champs, pour le plaisir de demander sa route a chaque village, de creer l’attroupement, de comprendre que notre plan , griffone a partir de gogole map, n’a aucun sens! Le soir nous voila acceuilli chez Ali et sa femme, jeunes retraites s’occupant de leur terreur de petite fille qui jure “Allah, Allah” toutes les 2 minutes… Si cet acceuil est encore une fois plus que chaleureux, il est aussi assez directif. La barriere de la langue n’aidant pas, on suit sans trop comprendre ou l’on nous mene… C’est ainsi que ce soir la nous nous retrouvons 3 heures durant, assistant a un office religieux alevi (branche de l’Islam cousine du soufisme). Pour bien comprendre notre surprise, imaginez que Guillain, partis avec Ali et son beau-frere, pensait se rendre au café du village. Arrives dans une grande cuisine ou mijotait un enorme chaudron, il se rejouit a l’idee qu’Ali souhaite en fait lui montrer sa fromagerie. Mais quelques instants plus tard le voila dans une salle surchauffee ou homes et femmes separes entourent un cercle de vieux sages, deux hommes jouent du baglama (instrument traditionnel turc) en chantant. Plusieurs hommes ont de grands batons… Ca y’est Guillain est persuade d’etre au coeur d’un congres de bergers, il jubilee. Une cacophonie de « Allah, Allah » lui permettra enfin de comprendre ou nous avons atteris…

De Samsun a Trabzon, nous retrouvons la morosite d’une longue route passante, longeant une cote fort construite. Heureusement les pompistes sont toujours autant acceuillants et quelques portes de chaleureuses familles s’ouvrent a nous. Bons moments d’echanges et séances photos de famille: Hanoi, le chien de la famille Axus suscite l’interet, les belles Holstein de tonton Marc l’admiration!

A Trabzon, c’est encore une fois presque fortuitement que nous retrouvons nos amis suisses, Jean-Da et Leo. Nos chemins sont destinement amenes a se croiser! On visite ensemble le fameux monastere de Sumela, impressionnante construction aux peintures murales epoustouflantes. Mais 3 jours avec Jean-Da et Leo ne suffisent pas a etancher notre plaisir d’etre ensemble. Une nouvelle fois, nous reprenons la route a 4. Nous longeons un bout de cote puis les amis nous accompagnent pour une viree en montagne (vers Ayder), a la recherché de bergers. Egalement l’occasion de prendre un bon bol d’air frais, de s’offrir quelques gros flocons et de beaux paysages enneiges. Nous avons beau etre 4, rien n’arrete l’hospitalite turque! Que de belles rencontres, de belles attentions pour nous, simples voyageurs d’un soir. Nous experimentons la cabane de pecheurs en bord de Mer Noire, le petit chalet de montagne en bord de riviere, de reels petits paradis terrestres tombes du ciel.

Et puis voila, aurevoir les amis, aurevoir la Turquie. Nous nous separons a 30 kilometres de la frontiere georgienne, le Caucase nous attend tandis que Jean-Da et Leo partent a l’assaut des hautes montagnes de l’est turc pour rejoinder l’Iran. A quand les prochaines retrouvailles…?

Accueillis par un banc de dauphins, nous voila a Batumi en quete de notre premier visa (azeri). Heberges par de gentils ukrainiens, bon choc culturel! Ici, les femmes redeviennent affriolantes, les debits d’alcool nombreux, nous voila en Georgie!

 

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C’est a İstanbul, Constantinople, İstanbul, Ce n’est plus l’Europe….

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Cela fait plusieurs semaines que nous n’avions pas donné de nouvelles, et pour cause, nous hibernions tranquillement a İstanbul.
Nous sommes entres en Turquie le 18 décembre dernier, journée d’ıimportance, puisque dans un froid-ventu, nous fêtions nos 5000 premiers km de voyage!
Nous n’avons pas regrette notre choix d’atteindre İstanbul par la traversée du détroit des Dardanelles et de la mer de Marmara. Ainsi, après 3 journées de pédalage dans des paysages enneiges, nous avons pris un bateau a Bandirma pour atteindre Istanbul le 21 au soir. Bonne option puisque cela nous a permis d’éviter la terrifiante circulation stanbouliote!

İstanbul, nous avons le plaisır d’y retrouver nos familles pour les fêtes. Au grand plaisır des retrouvailles s’ajoute aussi celui du confort retrouve, tout est douillet, du couchage a la douche et nos parents gâtent nos papilles de bıen bonnes victuailles “made ın Chez-Nous”!
Nous rejoignent aussi Christiane, Victoria, Albane et Arnaud… C’est donc en petite colonie que nous arpentons la ville!

Au départ de la troupe, nous allons passer une dizaine de jours a Cerkezkoy (a une centaine de km d’İstanbul) travailler dans une ferme. On y côtoie une centaine de vaches, 2 patrons, 8 ouvriers et quelques autres volontaires de passage. On racle, on trait, on nourrit, mais surtout on nous charge d’apporter “un peu de poésie et d’affection” aux bêtes. Anne-Laure s’en charge a merveille!!

Après cette courte halte rurale, nous retrouvons l’effervescence stanbouliote, ou nous rejoignent nos amis, Marie, Sylvain, Anouk et Aurélie. Tandis que les uns partent découvrir (en bus!) la Capadocce, les autres s’enivrent de la magie stanbouliote.

La ville aux mille et une mosquées se veut aussi être une étape assez courante des voyageurs, qui comme nous, souhaitent rejoindre l’Asie par voie terrestre… C’est avec un grand plaisir que nous y retrouvons Jean-Da et Leo, que nous avions laissés quelques mois plus tôt en Albanie!!
Nous passons aussi quelques bonnes soirées avec Raz, une anglaise qui vient de marcher pendant 1 an. Elle attend un peu l’hiver et souhaite poursuivre vers l’est… a vélo!!! Par son biais, nous rencontrons Guillaume, qui doit lui aussi pédaler jusqu’en Chine!

Grâce a Albane, amie franco-turque, nous rencontrons la jeunesse turque, moderne et engagée, qui nous rappelle que nous sommes au pays d’Atatürk et que les religieux conservateurs qui sont au pouvoir ne sont pas suivis par tous! Un grand merci a nos hôtes Yasar et Gulcin pour leur hospitalité. Nous comprenons un peu plus avec eux que la tradition s’allie très bien avec l’ouverture!

Après 6 semaines sans vélo, nous avons retrouve la route et nos belles montures depuis une dizaine de jours. Bien équipés au froid désormais (encore un grand merci a nos familles), nous voila désormais dans les montagnes du Nord et nous devrions rejoindre la mer Noire d’ici quelques jours. Nous avons repris un bon rythme, heureux de retrouver l’itinérance!

A bientôt pour la poursuite de l’aventure turque… Et avec un peu de retard une tres belle et heureuse a vous tous, merci pour vos messages, vos nouvelles!

Au pays des dıeux de l’Olympe

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Nous venons de passer un mois (du 15/11 au 17/12) sous l’oeil protecteur de Zeus…
Notre entrée en Grèce nous a amenés dans les contreforts de l’Epyre. Une traversée de 4 jours dans ses montagnes peuplées d’ours et de loups… Les troupeaux de moutons donnent le ton, gardés par de véritables cerbères (à une tête) aux colliers cloutés (clous de plus de 20 cm!). Heureusement Artémis nous protège, les cris d’Anne-Laure éloignent les molosses et aucune grosse bête à poil ne visitera notre tente… Nous quittons donc ces forêts de pins et ces petits villages de pierre déserts, entiers!
Du pays des ours nous prenons le cap des Météores, haut lieu saint orthodoxe. Les nuits devenant toujours plus fraîches, nous dormons dans les petites chapelles que nous croisons, bercés par les ondes spirituelles des nombreuses icônes qui nous veillent. Les météores, un petit ensemble de monastères suspendus entre ciel et terre au sommet de splendides rochers, grands comme des montagnes. Les moines, rompus aux touristes sont un peu pingres et austères mais leurs monastères sont beaux et le coin nous offre quelques bivouacs magiques.
Nous repartons vers nos dieux grecques. Nous longeons l’olympe, au sommet déjà bien enneigé, qui domine superbement cette plaine où nous retrouvons un peu de douceur méditerranéenne. Peu de temps après nous retrouvons donc enfin la mer que nous n’avions pas vu depuis le Montenegro. A cette époque la côte est désertée, tout comme les beach bars qui nous offrent ainsi une nouvelle opportunité de logement.

Mais voilà qu’une centaine de km avant Théssalonique, où nous avions prévu de faire escale pour reéquiper nos montures avant notre périple asiatique, crac boum… c’est la jante d’Anne-Laure qui pète! Un peu de train donc et nous voila à arpenter les nombreux magasins de vélos de la ville…. Jantes, moyeux, rayons sont passés au peigne fin pour repartir avec de nouvelles roues qui, nous l’esperons, feront l’affaire… Dionysos enchante notre dernière soirée, accompagne de notre super hote Stelıo, nous enchainons charmante taverne aux mets delicieux, digestion dans les canaps d’un bar à chichas puis dances ennivrantes et ennivrees dans un petit bar alternatif de la ville.
Avant de quitter le pays nous voulions partir a la recherche de la tete de Niki de Samotrace… Rassurez-vous, nous ne la connaissions pas non plus… toujours est-il que nous decidons de nous rendre sur l’ile de Samothrace pour quelques jours de repos. Repos bien merite! Le timing nous oblige à appuyer un peu plus sur la pedale pour nous rendre à temps à Alexandroupolis (Ville embarcadere). Un bon ptit rythme de 80-100km par jour pendant une semaine sera necessaire: Presqu’ile aux trois doigts (Chalkidiki) puis nous longeons le littoral de la Thrace. Petit a petit les mosquees se joignent aux eglises orthodoxes, on parle turc, les moustaches poussent sous les narines… Ca sent l’Orient!

A Samothrace Eole nous reserve un acceuil bien venteux. Nous pouvons tout de meme bıen profiter de la beaute des paysages de cette ile encore bien sauvage. Et puıs notre Dieu protecteur, Dıonysos, prend toujours bien soin de nous… Une petite taverne familiale nous verra attables 3 soirs de suite. On refait le plein: tatziki, tarama, aubergines grillees, poissons frais…
De retour sur le continent il nous faut desormais prendre un bon rythme jusqu a la Turquie ou nous devons rejoindre nos familles pour un Noel stambouliote.

Malheureusement Eole nous jette un sort et notre sortie d’Alexandroupolis jusqu’au poste frontiere sera une des journees les plus ventues (en pleine face) que nous n’ayons jamais connue. Apres s’etre traines comme des escargots, nous arrivons en Turquie le 17 decembre.
De belles rencontres sur les routes et aussi grace aux ecoles et instituts francais.

Nous voila a Istanbul depuis le 21 decembre apres avoir traverses le detroit des Dardanelles et longes la mer de Marmara. On reste dans la zone un bon mois, on a bıen profite de nos famille et d’ıcı quelques jours un peu de woof prevu dans une ferme du coin…

En attendant le recit de nos prochaines zaventures, on vous souhaite a tous de tres tres joyeuses fetes!!!

Peripeties albanaises : 2eme partie!

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C’est a Kukes que nous vous avions laisses. De la, nos bicyclettes nous ont fait suivre la frontiere du Kosovo jusqu’a Peshkopi… Notre carte indiquait une route en bas de vallee, sans trop de deniveles… Mais ca serait trop simple de regarder notre carte, on prefere s’en tenir aux dires des gens… Mais apres une bonne vingtaine de km de montee, ca ne descend toujours pas… pour le plus grand bonheur de la tendinite d’Anne-Laure nous voila finalement sur la route de montagne! Heureusement de magnifiques couleurs automnales et surtout, de beaux troupeaux de moutons, nous regalent les yeux.

Peshkopi est reputee pour ses eaux thermales… Une belle occasion de cadeau d’anniversaire pour notre princesse du velo. Nous imaginions un luxuriant centre de balneotherapie ou les plus beaux masseurs albanais cajoleraient la Madone dans une atmosphere tropicale… Tropicale… Oui, un peu… en effet il pleut quand nous arrivons. Mais il ne fait pas tres chaud du tout et en lieu et place du centre balneo nous decouvrons un gros bloc de beton a 2 etages, aux allures staliniennes… A l’interieur, ca sent plutot l’oeuf pourri (bon, ok c’est le souffre), de vieilles personnes deambullent et ce sont des infirmieres qui nous accueillent. En guise de beaux masseurs elles nous parlent de physiotherapeute, les pieces de soins ressemblent a des chambres d’hopital (ou de prison): un lit en ferraille, de l’eau stagne sur le sol en beton, la baignoire aussi est en beton d’ailleurs! L’eau miraculeuse devrait sortir par une vanne un peu rouillee… C’est au dessus de tous nos reves!!! Apres la tente deluxe-bache agricole, Guillain vous  presente son centre balneo 3 etoiles! 😉

De Peshkopi, nous faisons route pour la Macedoine, un petit crochet pour visiter Ohrid et son lac. En route, toujours en quete de bergers, nous nous arretons dans un petit village. Souzan, un jeune ex-emmigre en Angleterre nous accueille. Son rigorisme religieux nous effraie un peu, sa femme est l’une des premieres femme voilee que nous “rencontrons”. Bien que familiarises aux moeurs tres patriarcales de la culture albanaise, son effacement si total et si silencieux derriere le role de femme qui lui est attitre (enfanter et cuisiner) nous perturbe un peu. Leur petite, si mignonne, si pleine d’energie et si expressive fait plaisir a voir. On ne peut s’empecher d’y voir un espoir de revolution…

Pour notre plus grand bonheur, on passera egalement un bout de soiree dans une fete de mariage du village: ca danse trad! Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, tous se mixent et dansent joyeusement. Vite happes par la chaine de danseurs, on s’efforce de chopper le pas. On se croirait au Fest Noz, Guillain est aux anges! 😉

Le lendemain nous sommes a Ohrid, belle ville aux belles ruines et son lac… un lac ma foi! Mais après seulement 2 jours de separation, déjà l’Albanie nous manque. Nous voila a Korce “le petit Paris” de l’Albanie… Korce, doit son surnom a l’histoire, puisqu elle fut administree par la France durant quelques mois a partir de 1916. C’est egalement la capitale des evangelistes en Albanie. Coup de pouce de Warmshower (site de cyclovoyageurs) et nous voila grace a Algent, heberges dans son eglise evangeliste. Deux bonnes soirees en sa compagnie et celle de Plator, le Pasteur. Ca parle mecanique velo ou religion! Mais bien evidemment, sans craindre le peche de gourmandise que nous comettons a plusieurs reprises. “Petit Paris” est peut etre un bien grand mot, mais il faut reconnaitre a Korce une certaine richesse en petits restos et bonnes patisseries. Tatziki et salades grecques pointent leur nez dans nos assiettes et les baklawas sont toujours la! 😉

Enfin, l’esprit saint (nous repartons une bible en poche) dans un corps sain, nous nous dirigeons vers Gjirokaster. La route est magnifique, de bons petits cols, mais l’altitude a l’avantage de denuder les montagnes de ses arbres. Ceux-ci laissent place aux belles couleurs de la terre, a ses douces formes. La route longe des monts, imposants de splendeur, couronnes de cretes enneigees, roses pales en cette fin de journee. Mais l’hiver approche, son froid mordant se fait sentir, une bonne raison de plus d’accepter l’hospitalite. Nous nous souvenons avec emotion d’Adem et de Virginous, petit couple de retraites. A peine avait-on franchi le pas de leur cour qu’Adem nous prenait dans ses bras et nous embrassait comme si nous ne nous etions pas revu depuis longtemps. Tres vite on se sent comme en famille, on va traire leur vache, on cuisine, puis séance photos de famille avant d’aller se coucher aupres du poele. Adieux plein d’amitie, un tricot en laine pour Anne-laure et des fleurs aux velos nous nous quittons.

C’est aussi sur cette route que nous rencontrons Augustin, parisien en cyclobaroude. Nous irons jusqu’a Gjirokaster ensemble, chouette rencontre et papotages, accompagnes de beaux feux pour nos bivouacs. A Gjirokaster, nous apprecions la beaute de la vieille ville: une atmosphere d’antan avec ses ruelles pentues toutes paves et les belles lauzes qui couvrent les maisons.

Nous ne pourrons oublier l’acceuil exceptionnel qui nous a tant de fois ete reserve en Albanie. C’est finallement après 5 belles semaines, que nous avons passé la frontiere grecque le 15 novembre dernier, pour nos derniers coups de pedale en Europe… A bientot pour de nouvelles zaventures helliniques!

L’aigle a deux têtes : Albanie du Nord et Kosovo

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Miredita!

Avant tout, nous signalons a nos fidèles lectrices, lecteurs, que deux témoignages de bergers slovènes ont été postés ce jour, Bonne lecture!

Nous aurions aussi pu appeler notre article « Quelques nouvelles du pays des Mercedes et des mules ». La Mercedes étant aux voitures ce que la mule est aux équidés, les albanais sont au top en termes de transport! Mais pas d’inquiétudes, nous sommes toujours bien a vélo, même si de temps a autre Anne-Laure aurait bien troque son vélo contre une de ces jolies montures 🙂

Cela fait maintenant 3 semaines que nous sillonnons l’Albanie du nord et le Kosovo! Malgré les nombreuses erreurs de notre carte, les estimations kilométriques plus qu’approximatives de nos interlocuteurs et la qualité assez hasardeuse des routes, nous gardons le cap!

Nous entrons aussi progressivement dans l’hiver :premières bonnes sessions de pluies et d’orages, de froid, de vent… Notre petite tente nous abrite toujours, mais elle est justement bien petite… Mais pas de soucis, Guillain a toujours de luxueuses solutions… une bâche plastique noire, des bouts de ficelle agricole bleue, et voila! On l a notre 2 pièces! 🙂 Néanmoins, il faut bien l’avouer, l’accueil des gens que nous croisons a vite raison de notre tente+abris… C’est un grand plaisir d’être régulièrement invites a partager un repas et a passer la nuit au chaud!

Belle leçon d’hospitalité parfois déroutante au regard du passif de certaines personnes que nous croisons…qui eux aussi ont voyage chez nous… sous la tente… La migration est en effet une composante majeure de la dynamique des deux pays: il y a ceux qui reviennent, ceux qui ont le projet de partir et tous ceux qui de la bas transfèrent chaque mois de quoi améliorer un peu le quotidien de ceux restes au pays.

En ce qui concerne nos peregrinations, nous avons passe un peu plus de temps a Shkoder qu’initialement prévu… L’évènement festif d un dîner d’adieux avec nos amis suisses s’est transforme en petite intoxication alimentaire pour chacun, sauf pour Anne Laure, 2 années a Madagascar, ça forge la flore bactérienne! 🙂 Du coup, elle en a profite pour entamer une étude sur les pizzas albanaises… C est donc après plusieurs jours de repos que nous avons laisse nos amis pour rejoindre les mythiques montagnes de la vallée de Theth… Sous des trombes d’eau nous parvenons jusqu a Boge. Ce sera alors le début d’une route de montagne 100% macadam, qualité Makadam++!!… Aux grosses pierres déjà rebutantes s’ajoutera le ravinement cause par plusieurs journées de pluie… Après avoir pousse nos vélos sur 4 km sur cette route aux allures de lit de rivière, nous la jugeons impraticable pour nos montures! Pour la première fois, nous faisons demi tour… Obstines, nous décidons malgré tout de nous attaquer a Theth par un autre cote…

Redescendu a Shkoder nous nous dirigeons jusqu a Koman. De la, une chouette petite croisière en ferry nous attend, le Lac de Koman est au coeur de majestueuses montagnes…  Mais arrives a l’embarcadère, nous apprenons que le ferry est en panne… Heureusement une solution de rechange est la, un peu du style abris-bache de Guillain… Arrivera une barcasse surchargée, on en fait descendre des gens, des bagages, des sacs, encore des sacs, du bois, 1chien et 1 vache! A notre tour de monter, les vélos, nous, puis des gens, encore des gens et encore encore des gens! Nous voila entasse, Guillain demande au jeune capitaine s il voit quelque chose avec tous ces gens entasses devant lui… *If you know swimming your are safe* nous repond-t-il! Nous remontons ensuite sur Bajram Curri et Valbone… Nous nous accordons 2 jours de pause vélo, pour une rando jusqu’au fameux village de Theth. 32km aller/retour, les montagnes y sont majestueuses, tout comme le froid matinal!

Nous décidons  de laisser quelques temps les reliefs montagneux albanais, et passons deux jours au Kosovo… Du plat! Ca faisait un bail!!! Notre vive allure nous rappelle de vielles sensations, mais nous prenons aussi rapidement plaisir a ralentir nos montures pour répondre aux salutations de tous les gens que nous croisons sur les bas cotes… Belle rencontre encore, a peine seulement quelques heures après notre entrée dans ce petit pays, avec Loan. L’homme de 40 ans parle un français courant, avec un accent belge qui fait plaisir! De fait il y a vécu 10 ans avant de rouvrir sa petite épicerie, a Gjiakove. En sa présence, nous saluons la moitie de la ville:-)

Passage par Prizeren, puis retour en Albanie. Nous sommes obliges d’emprunter l’autoroute pendant plusieurs dizaines de kilomètres avant de rejoindre Kukes… L’autoroute s apparente en fait a une bonne route asphaltée, large et tranquille!

A Kukes, l heure est aux festivités de Bajram (Aid)… Les terrasses des cafés sont encore plus remplies d hommes que de coutume! Anne laure ne peut s empêcher chaque jour une petite séance réflexions sur la place et le rôle des femmes… Pas toujours évident a comprendre et a vivre quant on a été élevé(e) dans l égalité des droits pour les deux sexes…
Nous venons de rejoindre Peshkopi après  quelques jours dans les montagnes escarpées, nous avons retrouve le relief albanais qui manquait tant a nos cuisses. Depuis hier nous apercevons la neige a quelques centaines de mètres…Si nous ne sommes pas bloques par les congères :-), nous poursuivrons d ici quelques jours notre aventure dans le sud de l’Albanie avec un court passage par la Macédoine et la célèbre Ohrid…