De Dehli a Kathmandu… Nous y voila!!!!

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Namaste chers amis lecteurs,

Apres 14 mois et 19 jours sur les routes, 13.590 km parcourus a la force de nos mollets, 19 pays traverses, une douzaine de crevaisons, 4 jentes cassees, nous atteignons la si desiree Katmandou le 26 septembre dernier. Joie et emotion!!!

Mais revenons en la ou nous vous avions laisses… a New Dehli… Nous debarquions ainsi le 30 aout dernier en Inde. Destination surprise…,

Nous avions quelques apprehensions a tracer notre route dans le si mythique chaos indien. Mais Heureusement, nous voila accueillis a New-Dehli une semaine par Jean-Beu et Leo, pour une arrivee en douceur. Durant une semaine, fascines, les sens en perpetuelle alerte, on aime a flaner dans cet univers colore, a la fois si bordelique et organise mais aussi tellement bruyant !! Delicieuses odeurs d’epices, explosion de saveurs, grande creativite et multitude de plats vegetariens, nous voila aussi tres vite concquis par l’excellente cuisine indienne! Les repas dans nos restos preferes rythment nos journees!!

Notre passage a Dehli est aussi l’occasion d’une petite visite de courtoisie au fameux Taj Mahal. Nous prenons le temps d’apprecier cette merveille en jouant avec les Tic et Tac (petits ecureuils) du parc…

Mais voila, il est temps de remonter en selles. Un taxi nous extrait des 35 premiers km a la sortie de la folle megapole et  nous revoila, seuls, nos saccoches, nos velos et la route…  Nous avions laisse l’itinerance a velo dans les montagnes du Kirghizystan… Curieuse sensation, apres ces semaines passees en ville (Bishkek, Alamaty, New Dehli) de retrouver cette route, notre univers depuis plus d’un an… Tres vite, le plaisir du coup d’pedale, la joie d’avancer ressurgit. Ici, la route semble ne jamais se calmer, ne jamais se desemplir… Tout d’abord les rois, les gros TATA, enormes camions locaux aux couleurs et guirlandes flamboyantes, degueulant leurs marchandises et nous explosant les timpants a chaque passage. Puis vient le peuple de la route indienne… Les voitures, les auto-rikshaw surcharges de sourires moustachus, des charettes aux roues asymetriques, des motos sur-optimisees (entre 2 et 5 passagers), des vaches reines… Nos deux montures ont du se frayer un passage pour parcourir les 350 km qui nous separaient de la frontiere nepalaise! Du monde, encore, partout, toujours! Nous nous habituons progressivement a la cacophonie permanente de cette incessante circulation et a ces innombrables interviews… Tout en pedalant nous ne cessons de repondre aux immuables questions des conducteurs et/ou passagers des motos, de sourires pour leurs photos… On se croierait en tete d’un peloton, sous les projecteurs et les micros de journalistes a motos sur-exites par notre envolee!

Constamment, notre humeur balance entre fascination et consternation… La pollution est partout, montagnes de dechets, eaux noires, air asphyxiant…

Lors de notre entrée au Nepal le 12 septembre dernier, on a l’impression de debarquer dans un festival punk en decouvrant les piercings incroyables, les tatouages, les coiffures dejentees qu’arborent hommes, femmes et enfants… Nous nous rejouissons deja en prenant conscience du contraste: moins de monde, moins de vacarme… Nos journees de velo a travers  les

rizieres sont ponctuees par les “Namaste” echanges avec nos pairs, ces hommes et femmes parcourant eux aussi les km a la force de leurs mollets dans cette vaste et bouillante plaine du Terai. Car la-bas, il fait chaud, tres chaud, et humide, tres humide! Qui aurait pu imaginer

ca au Nepal? En tout cas pas nous! Tout en revant a la fraicheur des montagnes qui nous attendent, nous traversons des zones de jungle tropicale, mais aucun tigre du Bengale, elephant ou bien meme crocodile n’a l’amabilite de venir nous y saluer…

Apres 2 semaines de pedalage assez intense, nous nous accordons quelques jours de repos dans le lieu saint de Lumbini ou serait ne il y a plusieurs milliers d’annees un certain Siddartha Gautama, qui n’est autre que Bouddha… Puis nous commencons une douce ascension, il nous reste 350 km avant d’atteindre Kathmandou. Durant quatre journees, nous montons progressivement, a flancs de montagnes, au fond des vallees de vives eaux fraiches, les temperatures baissent, on revit!

Nous atteignons enfin Katmandou le 26 septembre, il fait nuit. Nous attendons avec empressement l’arrivee du soleil pour partir deambuler dans les petites ruelles de la vieille cite… Celle-la meme regorge de mille et une merveilles que nous n’avions meme pas soupcones… Et puis on y reste flaner quelques jours… Mais la fierte du Nepal, c’est aussi ses montagnes… Hordes de touristes s’empressent en effet chaque jour pour approcher un fameux sommet… L’Everest, les Annapurnas, ils s’y empressent par milliers en quete de sensations fortes. Mais ces “autoroutes” pour atteindre le toit du monde nous debectent… On decide de partir quelques jours marcher dans la vallee du Langtang. Mais avant de grimper pour atteindre ces paradisiaques alpages, il nous aura fallu pas moins de 9heures de bus pour parcourir 130 km, sur de petites routes a flancs de montagnes, piste etroite, tres etroite… Heureusement, le bon oeuil de Shiva ou  les bonnes vibes de Ganesh nous permettent d’arriver sains et saufs! Nous grimpons 3 journees dans les nuages, perpetuellement courtises par les tenanciers des lodges touristiques. Car meme si ce n est pas l’Everest , la petite vallee tibetaine du Langtang a decide d’orienter son developpement vers le tourisme. S’il y’a encore une dizaine d’annees, les famillesde la vallee vivaient et s’organisaient autour de l’elevage de yaks, l’elevage de touristes semble aujourd’hui plus lucrative…;-) Mais cela ne nous a pas empeches d’apprecier comme il se doit les sommets enneiges himalayens entourant ces verts alpages!

Voila, temps est maintenant venu pour nous de rentrer au pays, de retrouver nos proches, de demarrer une nouvelle vie qui sera surement empreinte de ce que nous avons vecu et partage ces 15 derniers mois. Nous nous envolerons ainsi d’ici quelques jours jusqu’a Geneve, ce qui nous laisse encore 2 semaines a mouliner pour reaterir en douceur…

A tres vite donc…

Au Kirghizistan, on prend notre temps…

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Voici donc pour agrémenter cette difficile période de reprise du dur labeur, le récit des aventures des vélos nomades en Kirghizie!!

Perdu au milieu des montagnes, aglomérat de préfabriqués en délabrement et de taules rouillées, le poste frontiere tadjik fait sourire… Ses habitants, vêtus de kaki et emprunts de la suffisance fidèle aux uniformes, un peu moins… Non vraiment, les frontières nous semblent bien vides de sens. Pourtant, 2 km plus haut, apres avoir arrachés quelques derniers coups de pédales à ce monde rocailleux des Pamirs, nous parvenons au fait du “Kyzyl Art Pass”. Devant nous, la montagne semble signaler notre arrivée dans un autre monde… Elle s’est revêtue d’une soyeuse tenue herbeuse, “Bienvenue au Kirghizystan” ses rivières chantent-elles!

Nous dégringolons jusqu’au plateau de l’Altai, “summer camp” de bergers Kirghizes! (plus serieusement un jailoo, une zone de pâture estivale). La fin d’après-midi nous offre ce spectacle tant attendu… Océan de verdure ou flottent, éparses, quelques yourtes, blanches, rondes et fumantes. Au loin, les cavaliers de la steppe parcourent l’étendue conduisant leurs énormes troupeaux de moutons. Les Yacks, seigneurs de ce peuple de l’herbe, rentrent seuls, tranquillement au campement. Ainsi va la vie dans les jailoo

Aux abords des yourtes, ce sont des tripotés de marmailles qui accourent pour que l’on plante notre tente près de la leur. Curieux, tout en gardant une respectueuse distance, ils observent intrigués, le montage de notre mini MINI tente en forme de grenouille et la popote se preparer. D’autres plus hardis demandent a essayer les vélos… Alors la, c’est la fiesta dans la pampa! L’attraction du siècle, le cheval parait has been un instant. “J’ai 6 ans et le vélo fait ma taille?! Même pas peur, c’est plus petit qu’un cheval!” Le petit frère de 2 ans rit aux éclats, assis sur le porte-bagage, se cramponant de ses petits doigts.

Dans la marmaille, les plus chanceux ne sont déja plus a pied. Par brochette de 2 ou 3, ils optimisent le dos d’un pauvre âne. Et oui, même ici ou les hommes semblent vivre en harmonie avec leurs bêtes, les ânes n’échappent pas à leur triste destinée. Injustement déonsidérés, ce sont les souffres-douleur des petits garcons qui apprennent à devenir des hommes à coups de cravache. Ils n’ont que les caresses et l’amour d’Anne-Laure pour seul reconfort.

Les chevaux, eux, sont la fierté du peuple! Ici, il parait bien incongru de marcher dans la steppe. A peine les enfants savent-ils marcher qu’on les perche sur de hautes montures. A 5 ans, ils sont en chaussettes, au galop, à ramener les troupeaux. Eh oui… il faut excuser le père… occupé à vider quelques litres de vodka avec ses confrères bergers. De loin, coiffés de leurs traditionnels “kalpaks”, chapeaux en feutre traditionnels, hauts et presque pointus, on dirait les 7 nains! Blanche Neige est à la boutique et leur amène régulierement des bouteilles de vodka… Trouver un berger sobre ne fût pas toujours evident. L’URSS a laissé un joli souvenir! Et la steppe a sa part… les bouteilles vides! Au mieux regroupées en tas dans un coin elles sont bien souvent brisées et éparses, elles attristent le paysage.

Si les enfants sont plein d’énergie et de sourires pour nous accueillir, l’échange est moins spontané avec les adultes. Une légère distance traduisant peut-etre une certaine fierté, est souvent de mise. Ceux qui viennent nous saluer observe notre campement sans trop poser de question. Ils semblent parfois contenir leur curiosité et feindre de ne pas etre intrigués. Mais peut-être le : “ chacun vit sa vie dans son campement” est une règle dans cette steppe ou flotte encore l’esprit nomade. Et il faut avouer, qu’après tant de pays où les gens peuvent etre parfois oppressants de bienveillance, cela fait un peu de bien! L’échange reste parfois purement commercial. On s’immagine ces hommes, vivant en harmonie avec leurs animaux et leur environnement, loin de notre monde vénal…Mais le Kirghizistan est par endroit bien touristique. Et la loi du “business is business” n’a pas épargné le monde de la steppe! Heureusement nos bicyclettes nous ont également porté à l’ecart des sentiers battus, nous permettant ainsi d’apprecier un peu plus de chaleur humaine et la sérénité des yourtes. Sur cette terre qui s’etend a l’infini, la vie des hommes s’organise dans ces petits cocons bien ronds. Assis en cercle nous dégustons le pain maison et la crème délicieusement fraîche des vaches ou des yacks de la famille. Les petits bols de thé circulent de celle qui sert a ceux qui boivent. Le disque de lumiere provenant du “tunduk” (ouverture circulaire tenant lieu de clé de voute et de puit de lumière de la yourte) nous éclaire.

Côté produits régionaux, nous avons aussi régulierement droit au “kumus” (lait de jument fermenté). S’il débecte et occasionne souvent quelques dérangements gastriques pour la plupart des voyageurs, les vélos nomades, l’estomac toujours d’attaque, en redemande!! Par contre, nous devons l’avouer, nous avons un peu reculer devant les “kroutch” (fromage très sec fait à partir de lait de vache ou de yack, totalement écrémé). Leur nom evoque le “rrroulééé sous les aisselles” des klug du “Père Noël est une ordure” et quoi qu’il en soit, ils sont d’une acidité redoutable! A croire que même les kirghizes n’aiment pas ça, car comme par hasard, à chaque rencontre, c’est toujours des “kroutch” qu’on essaie de nous refourguer! 😉

Mais le Kirghizstan, ce n’est pas que la steppe! De l’Altai nous avons poursuivi jusqu’a Osh, de laquelle nous sommes doucement remontés jusqu’au beau lac Song Kul… En chemin nous avons traversé sous une chaleur ecrasante un bout de la vallee du Ferghana, riche vallée agricole. Mais la nature étant bien faite, c’était la saison des pastèques! Heureux qui comme les vélos nomades s’abreuvèrent de ce doux fruit… Ceux qui sur la route, nous en firent quelques offrandes fûrent nos messies. Leurs fruits, comme tombés du ciel, notre Saint Graal! 😉

Et puis la route a commencé a se corser… On a du arrêter  de se charger de pastèques de plus de 5 kg (“la vélos nomades touch!” ;-)). Au revoir le bon asphalte, re-bonjour la piste bien défoncée! Ca grimpe, ca descend, ca re-grimpe, ca redescend… et ainsi de suite… Pas très haut mais bien raide! En bas, toujours de jolis cours d’eau ombragés. Les rivières sont claires et fraîches, les montagnes belles mais pentues… il n’en faut pas plus pour nous convaincre  assez régulièrementde… ne finalement pas lever le camp… Des paradis terrestre tous les 20 km, ca n’aide pas trop a avancer! 😉

Quelques semaines plus tard nous rejoignons la route principale pour Bishkek. Nous devons filer pour nos visas suivants, la route est bien trop passante pour les escargots des montagnes que nous sommes devenus.;-) On opte pour une première: le stop avec des vélos! En quelques heures, nous voila à Bishkek. Le lendemain, c’est retrouvaille! Toute la famille “ cyclo-voyageurs Asie Centrale 2013” est au rendez-vous. Nous decouvrons ceux dont nous avions entendu parler, retrouvons les anciens et nous en rencontrons des nouveaux! Et c’est reparti, mecanique velo – visas – itinéraires – animent les discussions. On passe de bons moments avec un autre couple de francais, également de la sous-famille des escargots des montagnes. Dommage, nos chemins divergent.

A Bishkek c’est un peu la course, on saute d’une ambassade a l’autre. On circule en vélo mais on est en territoire ennemi… Les voitures sont reines, le vélo est a la ville ce que l’âne est à la steppe! Klaxonnes tonitruants – Queues de poisson – Ca coupe la route ! On doit se fâcher et tapper du poing sur les capots! ;-( ;-( ;-(

Bishkek, c’est aussi la rencontre avec ces russes, un peu oubliés de l’histoire… Beaucoup semblent pauvres, ils ne sont plus vraiment russes ni vraiment kirghizes… ils résident. Leurs aïeuls ont été déplacés dans cette ex-republique autonome du Kirghizstan de l’URSS. Mais aujourd’hui, alors que le “tunduk” de la yourte est devenu symbole national, quelle place leur laisse-t-on? La Russie ne semble pas plus prête a les accueillir…

En attendant nos visas, avant de poursuivre notre voyage, nous avons decidé de partir en vacances SANS vélo! 😉 Envoutés par ce monde cavalier et fidèle à notre engagement à soutenir les plus faibles, nous avons decidé d’emmener un âne en vacances! Notre “Coquillette” était sans doute la plus petite ânesse de toute l’Asie Centrale! On a bien vite compris que 2 sacs seraient trop pour elle, nous lui avons donc gentiement proposé notre aide (et c’était finalement nous les mules!;-)) . Mais même peu chargée, notre Coquillette, fidèle a son homonyme, était bien vite cuite! 😉 Heureusement nos ambitions n’étaient pas bien grandes et Coquillette appréciat beaucoup les pommes, le pain, les fins de bol de müesli qu’on lui offrait en plus des belles pâtures. Véritable peluche et confidente d’Anne-Laure, Coquillette nous regardait jouer aux echec et dormait de à quelques cm de la tente. Mais notre trio ne dura malheureusement que 5 jours, devant poursuivre notre route nous lui trouvâmes une gentille ferme d’accueil.

Et d’ailleurs, en parlant de route, savez-vous ou la notre se poursuit…? Après avoir pensé et repensé à toutes les options pour rejoindre Kathmandou par voie terrestre : la Chine ne délivre plus de visas depuis quelques semaines, ce qui permet à ses autorités de procéder plus tranquillement aux exactions du moment sur les ouïgoures, et de toute facon le Tibet, c’est 5000$ le permis (hyper-open la Chine, ca fait rêver!!!). Quant au Pakistan : Guillain n’a pas assez de barbe (quoique…) et Anne-Laure n’aime que moyennement la couleur du tchador…;-) Pour ces bonnes raisons, nous voila donc débarqués par avion (Guillain se flagelle encore) le 30 Août dernier a Dehli…. Nous devrions attendre Kathmandou en velo dans les semaines à venir, Inch’allah… !! ;-)… A bientôt chers amis!!!

Tadjikistan: deja un an qu’on mouline…

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C’est sur les routes du “toit du monde” que nous fetons ce bel anniversaire , dans les envoutantes et ardues montagnes du Pamir. Le petit Saint Bernard, premier col alpin que nous franchissions l’annee derniere, nous parait desormais bien loin et bien petit… La mythique route du Pamir qui relie Khorog (Tadjikistan) a Osh (Kirghizistan) fut construite par l’armee sovietique dans les annees 30 afin de permettre un acces aux confins de l’union. Elle est aujourd’hui devenue une destination prisee des voyageurs en quete de montagnes et d’ivresse “sous-oxygenee”…

De notre cote c’est toujours sans moteur que nous roulons! Heureusement c’est dans la fraicheur et la verdure que nous entamons notre route vers les Pamirs. De Dushambe a Kalaikum, baignades et rapaces agrementent nos journees… Apres un fabuleux premier col a 3252 m (petite mise en jambes), splendides alpages encore tachetes de neige, nous penetrons dans l’anti-chambre des Pamirs, un univers plus mineral… Nous y rencontrons nos premiers cyclos: Dave et richard (anglais) et Peter (irlandais) avec lesquels nous accordons nos coups de pedales pour quelques jours. De Kalaikum a Khorog, nous longeons la riviere Panj qui nous separe de quelques  dizaines de metres de l’Afghanistan. L’eau est toujours aussi presente, de-ci de-la, elle permet d’agrementer l’univers rocheux de taches vertes et jaunes, cultures des villages pamiris, tadjikes et afghans.

Khorog, capitale des Pamirs est l’endroit ideal ou se reposer et preparer son depart dans les montagnes. A la Pamir Lodge ca discutaille itineraires… Et voila qu’apres une soiree un peu arrosee, on decide de s’engager dans la wakkhan vallee qui a priori est loin d’etre l’option la plus facile…;-) Mais c’est qu’ils sont chauds les velos nomades!!! ;-). La feinte: avoir un visa de 45 jours qui permet de bien prendre son temps dans les etapes un peu ardues…;-)

Ainsi quitte-t-on Khorog en poursuivant encore la Panj avec deux amis francais cette fois: JP avec qui on avait passe quelques bons moments en Georgie et Jacques, qui n’est pas en fauteuil roulant mais bien en velo couche!  On ne pedalera que quelques heures ensemble car leur rythme est un peu moins relaxe que celui des Velos Nomades…;-) L’entree dans la wakkhan vallee nous offre un superbe panorama sur les massifs enneiges de l’HinduKuch pakistanais. Plus au fond dans la vallee les montagnes redoublent de beaute. Ce monde mineral, ocre, laiteux, orange, resplendit. Ici, comme dans l’ensemble des montagnes du Pamir, la communaute tadjike est majoritairement ismaelienne et -agreable surprise- les pratiques religieuses y semblent beaucoup plus tolerantes que dans le reste du pays ou nous  cotoyions parfois barbus austeres. Nous voici donc a seulement quelques dizaines de metres de l’Afganhistan et ici, plus une barbe, les hommes serrent la main aux femmes, s’assoient et discutent ensemble, ca picole de ci et de la… Et quel etonnement de voir le niveau d’education des gens… Nous voila dans une des regions les plus pauvres que nous traversons depuis le debut de notre voyage, mais ici regulierement, on rencontre des gens qui parlent 4 langues: tadjik (farsi, comme en afghanistan et iran), dialecte pamiri, russe et de plus en plus anglais… L’education ne serait-elle finalement qu’une question de priorite et de volonte politique? Ici, c’est l’Aga Khan qui s’en charge, le chef spirituel et religieux de la communaute ismaelienne (branche chiite). Mais il est moins question de Medine ou de la Mecque (ou aurait vecu son ancetre le prophete Ali), aujourd’hui, celui qui est tant respecte vit en Suisse! Depassee la multiplication des pains , la bas, on multiplie les dollars, mais apparemment cela semble tout de meme profiter au developpement des pamiris…

C’est bien souvent le braiment des anes qui nous acceuille dans les villages… Assez vite, ils laissent place aux sourires de nos freres bipedes et a leurs invitations au the. On apprecie toujours autant ces moments d’echanges et de spontaneite avec nos hotes… Dans la zone un peu touristique des Pamirs, cette spontaneite est un peu compromise… Il faut dire que les “home stay” semblent etre une source de revenus privilegiee, mais finalement peut-etre moins que la manne financiere que represente les importants transferts d’argent que font parvenir regulierement a leurs familles les travailleurs masculins immigres en Russie… Et ils sont nombreux! Les foyers sont souvent vides de pere et de fils… Certains ne sont pas rentres depuis 5 ans au village…

Apres un col a 4344 metres, nous retrouvons la fameuse M41, traditionnelle route du Pamir: des lacs turquoises, une altitude comprise entre 3800 et un petit col a 4655 metres (mais ca s’arrete quand???;-) Petit a petit nous penetrons dans la region “kirghize” du Tadjikistan. Nous decouvrons les yourtes ou vivent plusieurs generations d’eleveurs… “L’elevage est la raison d’exister du peuple kirghize”, nous revelera Sultan, berger d’experience rencontre pres du village d’Alichur.* C’est l’occasion d’y rencontrer nos premiers yaks… On glisse crescendo vers le Kirghizistan… Apres 43 jours dans ce pays majestueux, ou les montagnes arborent des couleurs incroyables, ou nos petits corps se sont quand meme un peu fatigues, voila que le 18 juillet dernier nous franchissions un dernier col tadjike a 4282 metres, histoire de ne pas rester sur sa faim..;-). Nous voila desormais dans un pays plus vert, le Kirghizistan, redescendus a Osh depuis le 21… A Bientot cherEs amiEs pour de nouvelles aventures de ce pays ou les enfants, perches sur de hautes montures, triomphent dans la steppe tels de vrais guerriers…

*N.B: De nouveaux entretiens de bergers du Montenegro, d’Ouzbekistan et du Tadjikistan viennent d’etre publies dans la rubrique “temoignages des bergers”. Bonne lecture a tous!

 

Steppes et cites mythiques sur la route de la soie

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“Villes mythiques et paysages magnifiques” pourraient bien résumer ce merveilleux mois passe dans cette région de la “Grande Tartarie”… (ca en jette “Grande Tartarie” non? Et puis comme nous, ca vous fera réviser votre histoire-géo…)

Mais commençons aujourd’hui par quelques présentations… Hugh et Pauline. Anglais, un cœur qui en pince un peu pour la France et sa langue (qu’ils maitrisent fort bien), jeunes retraites ils continuent de découvrir le monde, comme ils l’ont toujours fait, a coups de pédale! Rencontres a Baku, on se suit a une demi-journée d’écart dans le désert et c’est a Nukus, première étape que nous nous retrouvons. Ensemble, nous allons admirer l’une des plus remarquable collection d’art (essentiellement peinture) de l’ex-URSS. L’occasion aussi de découvrir l’art traditionnel de la région (le Karakalpakistan) mais surtout son histoire, qui porte le poids d’un désastre écologique… Paysage de marée basse. Tristes tableaux que ces bateaux couches sur leurs flancs. Ils attendent une mer qui ne reviendra plus, l’Aral s’en est allée, réquisitionnée pour le coton…

Et des champs de coton, nous en croisons de Nukus a Khiva. Ils sont immenses. Perdus au milieu de ces hectares de sillons, armes de simple houes, hommes, femmes, enfants (surtout des femmes d’ailleurs) semblent biner a l’infini… Les champs appartiennent a l’Etat (plus ou moins au président…) qui réquisitionne -sous peine d’amende- tous les lycéens et universitaires lors des semaines de récolte et fixe le prix d’achat des productions. Les villageois, eux, ont juste le droit d’être productif et d’accepter une faible rémunération.

Puis nous voila a Khiva, première grande émotion… De massifs remparts en adobe ceignent la vieille ville. Derrière, trônent de splendides dôme bleus turquoises tandis que des minarets de terre, parfois recouverts de ces mêmes magnifiques faïences allant du bleu au vert, s’élancent vers le ciel. Guillain y voit des phares bretons mais ce doit être le mal du pays… La grande porte de la ville passée, nous voila transportes 2000 ans en arrière… avec certes quelques changements… Les marchands ne parlent plus perse ou turc mais anglais ou français, ils vendent des magnets a la place des légumes et Katya, LA chamelle de la ville a délaissé sa caravane et pose pour les touristes. Mais nous sommes tout de même envoutes par la splendeur des lieux. Les façades des mosquées et des medersas, impeccablement restaurées, sont recouvertes de faïences bleues nuits ou fines arabesques et motifs floraux s’enchevêtrent. Ainsi, d’émerveillements allant crescendo (l’ordre est important), nous découvrons Boukhara puis Samarcande. Mosquées et medersas deviennent titanesques (ou tamerlesque devrait-on dire) et leurs façades superbement faïencées en font des décors féeriques, il ne manquait plus qu’ Aladin sur son tapis volant! Au sanctuaire de Samarcande on s’offre un cours d’histoire de l’art, on se greffe a un guide qui nous transporte de mausolées en mausolées, de véritables bijoux de pure faïence.

Le soir, poses dans nos petites auberges, c’est réunion de baroudeurs… Le baroudeur vient essentiellement d’Europe. S’il n’est pas français il aime bien se moquer d’eux, de leur anglais et  c’est vrai qu’il y’a de quoi… Il suffit d’un “hello” a 2 français pour se reconnaitre! Le baroudeur est beaucoup a vélo, c’est tendance le cyclo-voyage en Asie Centrale. Il parle beaucoup de visas, mais c’est bien utile! Enfin, il partage son voyage et c’est cool, ca donnes des idées!!

Mais l’Ouzbékistan, ca n’est pas que ses villes mythiques. Encore une fois, des paysages époustouflants! Steppes, montagnes arides… c’est tellement beau que même a vélo ca va trop vite. On voudrait l’poser pour parcourir a pied ces immensités. Bivouac perdus, aigles en rase motte, araignes du soir, scorpions du matin… que du bonheur!

Le bonheur, c’est aussi le cœur ouzbek. Toujours prêt a accueillir, a offrir cadeaux ou nourriture. Une simple invitation pour un the se transforme en repas arrose de vodka! Quand on pense a ces baroudeurs qui nous avouent la fréquente inhospitalité de France…

On profite bien des villes et on aime prendre notre temps en campagne mais le visas n’est que de 30 jours! on a donc squouizé 400 km de désert et de mauvaise piste (on avait déjà bien donne) et expérimenté le train ouzbek entre Khiva et Boukhara. Pas triste l’expérience! En joyeuse compagnie de Wolfgang, un allemand septuagénaire en cyclo-voyage qui rit aux éclats environ toutes les 5 secondes et d’un personnel de bord chauffe a la vodka, on a mis le feu! Bières chaudes, tenue de marcel, lambada, cabine du chef de wagon (1m2 avec banquette!) transformée en dancefloor, les indispensables d’une bonne nuit en train!

Desert du Mangistau et plateau d’Ostiourt

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Salam Aleykum!

Nous vous avions laisse a Aqtau fraichement debarques au Kazakstan apres 5 jours sur la Caspienne… Epique traversee nous confirmons!

C’est rapidement que nous quittons cette ville a l’architecture sovietique sans charme pour une nouvelle aventure exaltante… Notre premiere traversee d’un desert! Tres vite, immensite, chaleur, chameaux et dromadaires…

Les 1000 km entre Aqtau, Beyne et Kungrad en Ouzbekistan ont aussi ete pour nous l’occasion de prendre un bon rythme, car en Asie centrale il y a le compte a rebours des visas…

Il nous fallait porter beaucoup d’eau, jusqu’a 30 litres pour 150 km d’autonomie entre deux points de ravitaillement. Deja a cette epoque, fin avril/debut mai il fait bien chaud, environ 30°C, sans ombre…. Quant a l’etat de la piste, c’est plus ou moins chaotique selon les troncons… Ces conditions reunies limitent le flot des voyageurs. 😉

On y croise seulement des kazakes qui travaillent a la construction d’une route, emmitoufles dans des tissus qui les protegent des sables tels des hommes invisibles, mais aussi des routiers de toutes nationalites qui nous arretent parfois pour nous offrir quelques precieux litres d’eau ou de soda..

On retrouve ces compagnons de route  dans les “chaikana”, ces petites maisons du desert que l’on apercoit au loin comme des mirages, mais qui pour notre plus grand plaisir servent de bien reels et delicieux plats de viande accompagnes de the, que l’on engloutit, allonges sur des tapis et quelques coussins, dans la position des fumeurs d’opium…

Ces 12 jours dans le desert nous ont offert chaque soir des bivouacs faciles et magiques. Au debut de tres belles vues sur d’impressionnantes formations rocheuses, puis tres vite plus aucun relief, plus aucune vegetation, nous campons a vue de la piste… C’est amusant de planter tous les soirs camp dans un decor quasi identique… Nous surveillons juste que les serpents et scorpions gardent leurs distances…;-)

Quelques heures a Beyneu, le temps de reprendre un peu d’energie cyclopedique pour les 90 derniers kiometres de piste deguelasse avant l’Ouzbekistan et… l’asphalte!!! Nos fesses sont contentes et cette fois on vole jusqu’a Kungrad!

Nous voila descendu du plateau d’Ostiourt, de nouveaux souvenirs dans la tete, nous decouvrons les petits villages oasis dans la region de l’ancienne mer d’Aral, retrouvons les sourires clinquants avec de spectaculaires collections de dents en or (ca a l’air assez tendance dans l’ex URSS…).

Il est maintenant l’heure de partir decouvrir les vieilles cites mythiques de la route de la soie, Khiva, Boukhara, Samarcande… Ici let la les chameaux semblent avoir laisse place aux touristes, mais cela s’annonce malgre tout assez envoutant… On espere pouvoir partager notre enthousiasme prochainement avec vous, bon vent chers amis!

 

 

Du Caucase a la Caspienne…

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C’est depuis le petit salon du “Zarifa Aliyeva” que nous vous ecrivons ces quelques lignes. A bord de notre cargo, bourre de wagons remplis de petrole, nous nous appretons a larguer les amarres pour… l’Asie Centrale! Mais pas d’inquietude, si vous lisez ce poste, c’est que le megot d’un matelot n’est heureusement pas malencontreusement tombe sur notre precieuse cargaison…

Mais revenons sur nos peripeties azeries… La partie periple a velo fut malheureusement assez courte, les jours en Azerbaidjan nous etaient comptes (au nombre de 30!) et il fallait etre assez vite a Baku pour faire nos visas kazakh, ouzbek et tadjik. Nous avons tout de meme decides d’emprunter la jolie petite route, longeant le Caucase, pour nous rendre a bon port, celui de Baku! Ce fut un vrai regal a pedales! Une jolie variete de paysages sur 600 km: la route longe les contreforts boises du Caucase en traversant pres et champs de mignons petits villages. Les maisons, toutes construites de pierres blanches bien taillees semblent neuves, c’est propret, presque coquet! Venant de Turquie ou l’architecture urbaine manque un peu de typicite et de Georgie ou le delabrement s’ajoutait parfois a l’anarchie, ca nous change! Puis la route s’ecarte du massif, traverse une agreable zone boisee, serpente entre de douces collines vertes semees de cereales avant de finir par une longue descente a travers un paysage de montagnes arides, d’une immensite et d’une somptuosite a s’arreter faire des photos tous les 500 m! Mais toute belle chose se merite… C’est au terme de deux petits cols, aussi vicieux que pentus, que cette steppique beaute nous fut offerte. 5 km a pas moins de 12%, a vous couper les jambes tous les 500m! Enfin, apres 30 derniers km de lutte dans une effervescente circulation, nuit tombante, klaxons hurlants, nous arrivames a Baku, mais ca c’est une autre histoire…

Restons un peu au pays pour l’instant… Des nos premiers km, a la premiere petite ville, nous retrouvons la chaleur ottomane. Nos balbutiements de turc refont vite surface, le moindre arret dans la rue ou dans une echoppe suscitant scotchages, attroupements, bavardages, sourires, invitations… Comme en Turquie, on accueille et on honore les etrangers en les invitant pour un the: petite salle, un poele au centre, des hommes attables autour de cartes et de verres de the… Le decors est apparemment le meme… Mais nous avons tot fait de remarquer l’empreinte de l’URSS… Au fond de la salle une tireuse a bieres, a une tablee les hommes ont troque leur theiere pour une bouteille de vodka! Mais cette fois ci, nous restons sobres, pas comme a Saxi…

Saxi est une jolie ville aux pieds du Caucase qui vaut la peine de s’y arreter. Un vieux centre authentique et charmant, des rues joliementr renovees a l’orientale et surtout un magnifique petit palais : le Khan Xasaray. Si deja d’exterieur cet edifice a de quoi charmer, son interieur laisse sans voix. De petites salles, epurees de tout mobilier, aux murs et plafonds entierement recouverts de peintures. La finesse et les couleurs des motifs, des fresques, font de ces pieces de veritables nids douillets qui vous transportent en un instant dans l’une des mille et une nuits sultaniennes… revenus a nos esprits, nous sommes partis dejeunes dans un petit restau pour y decouvrir les specialites azeries… dont la vodka fait partie! A peine attables que nos voisins nous invitent pour un verre, puis deux, puis une bouteille passe, une deuxieme s’ouvre… Heureusement nous sirotons “a la francaise”, nous ne buvons pas a la georgienne (cul sec!) comme ici aussi ils aiment a le faire. Quand nous sorttons de cet heureux traquenard, il est 18h, juste le temps de rejoindre, pour parachever cette belle journee, le magnifique caravanserail de la ville. Point de chameau et les nattes de paille ont ete remplacees par des lits mais l’endroit est authentique et romantique a souhait! Passes des femmes voilees turques aux blondes decolorees en jupettes de Georgie, la encore l’Azerabaidjan nous offre un curieux intermediaire… Meme en campagne, les azeries arborent de belles et longues chevelures et les coquettes jupettes sont de mise pour les jeunettes! Toutefois, ne pas se fier aux seules apparences… une culture traditionelle et patriarchale semble encore bien ancree: mariages arranges, femmes aux foyers… Dans un petit village Pollat (31 ans), Alina (23 ans) et leurs deux enfants nous acceuillent pour une nuit… Si Pollat semble un peu ne de la derniere pluie, Alina, pleine d’eveil et d’une intelligente ouverture, s’exprime sans peur sur sa condition: les taches domestiques passent encore, mais les momes! Ca crie, ca pleure, ca fait des betises, faut toujours les porter… Non, pas plus que 2! Et travailler a l’exterieur? Non, Pollat ne veut pas… Simplement, cette liberte d’expression, ce franc parler, fait rire a entendre dans ce milieu traditionnel. Cette liberte d’expression admet tout de meme ses nuances… Lorque Guillain s’exprime, curieusement ce n’est que d’une oreille peu attentiove qu’Alina l’ecoute. Elle ne lui repond d’ailleurs pas toujours et prefere de maniere generale s’adresser a Anne-laure. Mais tout cela, accompagne de sourires, d’habiles comportementrs pour faire subtilement comprendre le code, sans froisser l’etranger ignorant.

Si l’echange homme-femme est codifie, la notion de propriete semble plus superflue… Si des gens viennent a psser la ou nous avons monte notre camp, nous nous transformons nous, tout ce que nous possedons, tout ce que nous sommes en train de faire, en phenomene paranormal. Petits ou grands retsent litterallement scotches, les yeuux ronds comme des billes. En genral nos spectateurs semblent avoir besoin de quelques minutes pour realiser ce qui est en train de se passer sous leurs yeux. Des touristes campent la… et ils cuisinent! La premiere stupeur passee, quelques questions se formulent: d’ou venez-vous? Ou allez-vous? Pourquoi a bicyclette? Malheureusement pour eux, nos reponses suscitent soit une incomprehension encoire plus grandeet des regards qui semblent dire quelque chose comme “mais vous etes completement cingles!”, soit une rayeur bien plus grande que leur stupeur initiale. Disons qu’au chiffre de “7000” (km parcourus) en general les gens repetent “7000” en criant, sursautent legerement en arriere et leurs visages evoquent un melange de peur et de surprise, comme si on venait de leur annoncer qu en fait Dieu etait une femme! La deuxieme onde de chocs passee, notre public est ensuite pris d’une vive et irresistible envie de toucher: nos duvets, les velos, notre popotte, tout y passe jusqu’a notre tube de dentifrice! Et vraiment, cette curiosite n’est pas le fait d’un cas isole. Si le plus temeraire de la troupe commence a presser la poire du klaxon d’Anne-laure, apres le rire, tout le monde klaxonnera! Nos repas suscitent parfois de grandes discussions! Encore une fois le plus a l’aise de la bande ouvre notre popotte et raconte aux autres tout en fouillant dans notre mixture: “je vois des oignons, des poivrons… je crois qu’il y’a aussi quelques morceaux de carottes…” C’est dingue ce que ca peut manger des touristes! Enfin ce qu’ils ne savent pas c’est que nous sommes tout aussi scotches de les voir aussi scotches…;-)

C’est donc des belles images plein les yeux et des aventures culturelles plein la tete que nous arrivames a Baku… Baku, nous etions prepares a affronter cette capitale mal aimee des voyageurs. Il est vrai que cette grande ville transpire le luxe et l’apparat, a des annees lumiere de la vie de la grande majorite des habitants de ce pays. Chez Pollat et Alina la maison avait beau avoir belle allure d’exterieur, l’interieur etait tres sommaire. Et vu le plaisir qu’a eu le petiot Samir a devorer nos fruits, on a compris qu’il ne devait pas avoir la chance d’en manger souvent… Ces inegalites sont d’autant plus rageantes lorsque l’on comprend (assez vite) que cet argent provient de l’exploitation du petrole, ressource censee appartenir et profiter a l’ensemble du pays. Bref, l’injustice de ces richesses n’en est que plus criante. En outre, il est ecoeurant de voir ou se gaspille cet argent : le luxe et les 4×4. A la limite, payer pour un nom  sur un habit, une paire de lunettes ou de chaussures ne regarde que l’acheteur. Mais les 4×4 de ville! Embleme de la bete consommation, de l’insouscient gaspillage energetique, a Baku ils defilent par centaine!! Evidemment, c’est a celui qui aura le plus gros! A Baku, on rencontre Cavid, un jeune etudiant militant, accueillant et aussi riche de connaissance que genereux de son temps. Lui, nous raconte un peu plus l’envers de ce decors qui sentait deja la superficialite a plein nez. Il est etudiant, le systeme universitaire, il connait… deplorable nous dit-il. Il est notoirement etabli que les etudiants doivent acheter leurs notes, leurs diplomes. Et vraiment, on ne fait pas les choses a moitie, un autre ami nous racontait qu’une secretaire de son boulot, diplome d’un master d’allemand, n’en connaissait pas un mot… Dans une universite, l’ensemble des etudiants etait adherent au parti presidentiel. Bon a la limite tant que ca ne touche pas les etudes medicales se dit-on… Mais un autre ami (et oui, on s’en est fait en 2 semaines!) nous raconte sa visite chez le medecin. Avant toute oscultation on presente les tarifs: une grippe c’est 20 euros, une angine 50, une bronchyte 75… Que desirez-vous? Rassurant non? 😉

Cavid est aussi militant. Pour mieux lutter contre son ennemi, il faut le connaitre… Les depenses du president (elu a 93% aux dernieres eclections) qui refait chaque annee les memes places, les memes avenues, n’ont aucun secret pour lui… ni leurs finalites cachees… La construction est un tres bon moyen de detourner des fonds… Bon nombre de batiment n’ont que les facades de refaites, mais ca n’est pas grave, il faut que ca pete! Pendant ce temps la, les compagnies petrolieres et les banques jouent a leur deuxieme jeu prefere, apres les 4×4, les buildings! Arroses d’or noir ils poussent comme des champignons.

Enfin, stoppons la la diatribe car on va finir par en dire plus que ceux qui n’ont pas aime… Car nous, eh oui, on a quand meme bien aime notre sejour a Baku. La demesure et la vacuite des grosses compagnies et de leurs dirigeants, on connaissait… Ayant vecu a Paris un bon nombre d’annee, jouer au torreador avec les 4×4 en traversant les gros boulevards ne nous a pas effraye. On a reussi a bien profiter des charmes qu’offrait la ville. Une charmante et agreable vieille ville, l’orchestre national philarmonique qui nous a offert, dans une petite eglise au detour d’une rue, un merveilleux moment. Nous ne sommes que de tres lointains amateurs de cet art et pourtant ces adolescents virtuoses nous ont fait frissoner! Et puis un joli musee d’Art moderne ou nous avons meme pu apprecier quelques Picasso.

Houlala, mais il est long ce post, il nous en fait dire cet Azerbaidjan! Allez on s’arrete on est arrive au Kazakhstan… Et oui, enfin! Cela faisait 4 jours que nous attendions (a 2 km des cotes) que les autorites portuaires nous laissent debarquer… Il est grand temps de remonter en selle!

Georgie

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C’est le 8 mars dernier que nous sommes entres en Georgie. Des aurevoirs a Hopa (ville frontiere) avec les copains suisses, un dernier the turc offert sur la route, puis nous franchissons une nouvelle frontiere apres 2 mois 1/2 en Turquie…

Sur la petite route qui longe la mer Noire jusqu’a Batumi, nous profitons d’un beau spectacle que nous offrent plusieurs bans de dauphins, en arriere plan le caucase enneige que nous approchons un peu plus a chaque coup de pedale… Quelques kilometres avant d’entrer a Batumi, une voiture de police arrete Anne-Laure pour lui offrir un bouquet de fleurs. On prefere toujours l’uniforme dans ces termes!

Batumi: les contrastes avec la Turquie sont marques… Les moustaches et les voiles disparaissent, les debits d’alcool sont nombreux… Ici ca picole sec, et on apprend vite qu’en Georgie  toutes les occasions sont bonnes pour se bruler le gosier!

Cote batisses, on decouvre les vieux immeubles sovietiques en delabrement ou s’empilent les familles. L’anarchie des rajouts balcons-verandas repeints selon le gout de chaque habitant egaye presque le glauque de ces cites. Evidemment, l’hypercentre a l’apparence plus soignee: un style flambant renove plutot russe (nous semble-t-il) ou a la mode du clinquant des annees 80! On apprecie l’ambiance de la ville calme au front de mer agreable. Nous y restons quelques jours heberges par une gentille famille ukrainienne.

Au consulat d’Azerbaidjan, on obtient facilement nos visas azeris d’un vice consule francophone et francophile sympathique. On negocie les delais d’obtention et quelques 36 heures plus tard, documents en poche, nous voila fixes, nous entrerons le 29mars.

Les routes sont parfois etroites et les lignes blanches n’ont rien de notre ringarde “ interdiction absolue de doubler” ! Ces ladas qui nous frolent, un petit soucis de sante et le compte a rebours du visa azeri ayant commence, nous optons pour un bout de chemin en train. Apres avoir visite Kutaisi et ses fameux monasteres, nous rejoignons Tiblissi. Nous y sommes heberges chez Andro, et c’est l’ocasion de plusieurs soirees d echanges et de rencontres avec jeunes Georgiens et voyageurs…

De Tiblissi, nous partons decouvrir le site de Vardzia a la frontiere armenienne, une vieille cite troglodyte, de vieilles forteresses, des monasteres, et des bains thermaux… dont les batiments a moitie ecroules aux pieds d’une montagne nous ont tout autant surpris qu’on s’y est amuses!

Dans ce coin paume, on s’offre le luxe de 2 journees chez l’habitant en pension complete, on apprecie les tablees avec Thomass et Tina nos hotes, nos papilles s’en rappellent encore!

De Tiblissi, nous reprenons ensuite la route avec JP, un autre cyclo francais, direction la vallee de David Gareja. La route aux montagnes pelees est aussi somptueuse que les indications y sont tout simplement inexistantes… Apres une journee ventue comme jamais nous n’avions encore connue, dans l’impossibilite de monter un campement dans cette immensite desertique, nous voila accueillis par quelques bergers pour une nuit dans une petite cabane. Nos hotes sont azeris et nous y passons un bon repas a echanger, on grouille mieux le turc que le georgien, c’est certain!

A cette escapade magnifique, on ne peut omettre un gros point negatif: de bonnes frayeurs avec les chiens qui accompagnent les troupeaux de montagne. D’enormes betes effrayantes, aux yeux injectes de sang, aux crocs bien aceres, que seuls les bergers controlent- a peine- a coups de grands batons et de pierres…

Nous poursuivons notre route direction Lagodekhi et quittons JP qui rejoint de son cote l’Armenie. Apres une bonne centaine de kilometres a travers ces belles montagnes, avant gout de l’Asie Centrale, nous retrouvons des villages, toujours bien gris au relent d’un passe sovietique lourd,  mais egayes par les fruitiers en fleurs et les petites echoppes colorees des bords de route…

Arrives a Lagodekhi, il nous faut quitter le pays. Un petit gout de “pas assez” quant aux montagnes du Nord que nous n’avons pas pu silloner en cette saison…

Nous n’oublierons pas ce petit pays, ou les claquements de doigts sur les joues sont chaleureux et signifient qu’il est l’heure du vin ou de la vodka… Mais rassurez-vous, on roule encore droit!

La preuve: nous voila en Azerbaidjan  depuis 10 jours et a Baku, au bord de la Caspienne depuis le 4 avril.  Nous sommes dans les preparatifs de notre traversee de l’Asie Centrale, on ne chome pas dans la cite petroliere… A tres vite chers amis!