Au Kirghizistan, on prend notre temps…

Par défaut

Voici donc pour agrémenter cette difficile période de reprise du dur labeur, le récit des aventures des vélos nomades en Kirghizie!!

Perdu au milieu des montagnes, aglomérat de préfabriqués en délabrement et de taules rouillées, le poste frontiere tadjik fait sourire… Ses habitants, vêtus de kaki et emprunts de la suffisance fidèle aux uniformes, un peu moins… Non vraiment, les frontières nous semblent bien vides de sens. Pourtant, 2 km plus haut, apres avoir arrachés quelques derniers coups de pédales à ce monde rocailleux des Pamirs, nous parvenons au fait du “Kyzyl Art Pass”. Devant nous, la montagne semble signaler notre arrivée dans un autre monde… Elle s’est revêtue d’une soyeuse tenue herbeuse, “Bienvenue au Kirghizystan” ses rivières chantent-elles!

Nous dégringolons jusqu’au plateau de l’Altai, “summer camp” de bergers Kirghizes! (plus serieusement un jailoo, une zone de pâture estivale). La fin d’après-midi nous offre ce spectacle tant attendu… Océan de verdure ou flottent, éparses, quelques yourtes, blanches, rondes et fumantes. Au loin, les cavaliers de la steppe parcourent l’étendue conduisant leurs énormes troupeaux de moutons. Les Yacks, seigneurs de ce peuple de l’herbe, rentrent seuls, tranquillement au campement. Ainsi va la vie dans les jailoo

Aux abords des yourtes, ce sont des tripotés de marmailles qui accourent pour que l’on plante notre tente près de la leur. Curieux, tout en gardant une respectueuse distance, ils observent intrigués, le montage de notre mini MINI tente en forme de grenouille et la popote se preparer. D’autres plus hardis demandent a essayer les vélos… Alors la, c’est la fiesta dans la pampa! L’attraction du siècle, le cheval parait has been un instant. “J’ai 6 ans et le vélo fait ma taille?! Même pas peur, c’est plus petit qu’un cheval!” Le petit frère de 2 ans rit aux éclats, assis sur le porte-bagage, se cramponant de ses petits doigts.

Dans la marmaille, les plus chanceux ne sont déja plus a pied. Par brochette de 2 ou 3, ils optimisent le dos d’un pauvre âne. Et oui, même ici ou les hommes semblent vivre en harmonie avec leurs bêtes, les ânes n’échappent pas à leur triste destinée. Injustement déonsidérés, ce sont les souffres-douleur des petits garcons qui apprennent à devenir des hommes à coups de cravache. Ils n’ont que les caresses et l’amour d’Anne-Laure pour seul reconfort.

Les chevaux, eux, sont la fierté du peuple! Ici, il parait bien incongru de marcher dans la steppe. A peine les enfants savent-ils marcher qu’on les perche sur de hautes montures. A 5 ans, ils sont en chaussettes, au galop, à ramener les troupeaux. Eh oui… il faut excuser le père… occupé à vider quelques litres de vodka avec ses confrères bergers. De loin, coiffés de leurs traditionnels “kalpaks”, chapeaux en feutre traditionnels, hauts et presque pointus, on dirait les 7 nains! Blanche Neige est à la boutique et leur amène régulierement des bouteilles de vodka… Trouver un berger sobre ne fût pas toujours evident. L’URSS a laissé un joli souvenir! Et la steppe a sa part… les bouteilles vides! Au mieux regroupées en tas dans un coin elles sont bien souvent brisées et éparses, elles attristent le paysage.

Si les enfants sont plein d’énergie et de sourires pour nous accueillir, l’échange est moins spontané avec les adultes. Une légère distance traduisant peut-etre une certaine fierté, est souvent de mise. Ceux qui viennent nous saluer observe notre campement sans trop poser de question. Ils semblent parfois contenir leur curiosité et feindre de ne pas etre intrigués. Mais peut-être le : “ chacun vit sa vie dans son campement” est une règle dans cette steppe ou flotte encore l’esprit nomade. Et il faut avouer, qu’après tant de pays où les gens peuvent etre parfois oppressants de bienveillance, cela fait un peu de bien! L’échange reste parfois purement commercial. On s’immagine ces hommes, vivant en harmonie avec leurs animaux et leur environnement, loin de notre monde vénal…Mais le Kirghizistan est par endroit bien touristique. Et la loi du “business is business” n’a pas épargné le monde de la steppe! Heureusement nos bicyclettes nous ont également porté à l’ecart des sentiers battus, nous permettant ainsi d’apprecier un peu plus de chaleur humaine et la sérénité des yourtes. Sur cette terre qui s’etend a l’infini, la vie des hommes s’organise dans ces petits cocons bien ronds. Assis en cercle nous dégustons le pain maison et la crème délicieusement fraîche des vaches ou des yacks de la famille. Les petits bols de thé circulent de celle qui sert a ceux qui boivent. Le disque de lumiere provenant du “tunduk” (ouverture circulaire tenant lieu de clé de voute et de puit de lumière de la yourte) nous éclaire.

Côté produits régionaux, nous avons aussi régulierement droit au “kumus” (lait de jument fermenté). S’il débecte et occasionne souvent quelques dérangements gastriques pour la plupart des voyageurs, les vélos nomades, l’estomac toujours d’attaque, en redemande!! Par contre, nous devons l’avouer, nous avons un peu reculer devant les “kroutch” (fromage très sec fait à partir de lait de vache ou de yack, totalement écrémé). Leur nom evoque le “rrroulééé sous les aisselles” des klug du “Père Noël est une ordure” et quoi qu’il en soit, ils sont d’une acidité redoutable! A croire que même les kirghizes n’aiment pas ça, car comme par hasard, à chaque rencontre, c’est toujours des “kroutch” qu’on essaie de nous refourguer! 😉

Mais le Kirghizstan, ce n’est pas que la steppe! De l’Altai nous avons poursuivi jusqu’a Osh, de laquelle nous sommes doucement remontés jusqu’au beau lac Song Kul… En chemin nous avons traversé sous une chaleur ecrasante un bout de la vallee du Ferghana, riche vallée agricole. Mais la nature étant bien faite, c’était la saison des pastèques! Heureux qui comme les vélos nomades s’abreuvèrent de ce doux fruit… Ceux qui sur la route, nous en firent quelques offrandes fûrent nos messies. Leurs fruits, comme tombés du ciel, notre Saint Graal! 😉

Et puis la route a commencé a se corser… On a du arrêter  de se charger de pastèques de plus de 5 kg (“la vélos nomades touch!” ;-)). Au revoir le bon asphalte, re-bonjour la piste bien défoncée! Ca grimpe, ca descend, ca re-grimpe, ca redescend… et ainsi de suite… Pas très haut mais bien raide! En bas, toujours de jolis cours d’eau ombragés. Les rivières sont claires et fraîches, les montagnes belles mais pentues… il n’en faut pas plus pour nous convaincre  assez régulièrementde… ne finalement pas lever le camp… Des paradis terrestre tous les 20 km, ca n’aide pas trop a avancer! 😉

Quelques semaines plus tard nous rejoignons la route principale pour Bishkek. Nous devons filer pour nos visas suivants, la route est bien trop passante pour les escargots des montagnes que nous sommes devenus.;-) On opte pour une première: le stop avec des vélos! En quelques heures, nous voila à Bishkek. Le lendemain, c’est retrouvaille! Toute la famille “ cyclo-voyageurs Asie Centrale 2013” est au rendez-vous. Nous decouvrons ceux dont nous avions entendu parler, retrouvons les anciens et nous en rencontrons des nouveaux! Et c’est reparti, mecanique velo – visas – itinéraires – animent les discussions. On passe de bons moments avec un autre couple de francais, également de la sous-famille des escargots des montagnes. Dommage, nos chemins divergent.

A Bishkek c’est un peu la course, on saute d’une ambassade a l’autre. On circule en vélo mais on est en territoire ennemi… Les voitures sont reines, le vélo est a la ville ce que l’âne est à la steppe! Klaxonnes tonitruants – Queues de poisson – Ca coupe la route ! On doit se fâcher et tapper du poing sur les capots! ;-( ;-( ;-(

Bishkek, c’est aussi la rencontre avec ces russes, un peu oubliés de l’histoire… Beaucoup semblent pauvres, ils ne sont plus vraiment russes ni vraiment kirghizes… ils résident. Leurs aïeuls ont été déplacés dans cette ex-republique autonome du Kirghizstan de l’URSS. Mais aujourd’hui, alors que le “tunduk” de la yourte est devenu symbole national, quelle place leur laisse-t-on? La Russie ne semble pas plus prête a les accueillir…

En attendant nos visas, avant de poursuivre notre voyage, nous avons decidé de partir en vacances SANS vélo! 😉 Envoutés par ce monde cavalier et fidèle à notre engagement à soutenir les plus faibles, nous avons decidé d’emmener un âne en vacances! Notre “Coquillette” était sans doute la plus petite ânesse de toute l’Asie Centrale! On a bien vite compris que 2 sacs seraient trop pour elle, nous lui avons donc gentiement proposé notre aide (et c’était finalement nous les mules!;-)) . Mais même peu chargée, notre Coquillette, fidèle a son homonyme, était bien vite cuite! 😉 Heureusement nos ambitions n’étaient pas bien grandes et Coquillette appréciat beaucoup les pommes, le pain, les fins de bol de müesli qu’on lui offrait en plus des belles pâtures. Véritable peluche et confidente d’Anne-Laure, Coquillette nous regardait jouer aux echec et dormait de à quelques cm de la tente. Mais notre trio ne dura malheureusement que 5 jours, devant poursuivre notre route nous lui trouvâmes une gentille ferme d’accueil.

Et d’ailleurs, en parlant de route, savez-vous ou la notre se poursuit…? Après avoir pensé et repensé à toutes les options pour rejoindre Kathmandou par voie terrestre : la Chine ne délivre plus de visas depuis quelques semaines, ce qui permet à ses autorités de procéder plus tranquillement aux exactions du moment sur les ouïgoures, et de toute facon le Tibet, c’est 5000$ le permis (hyper-open la Chine, ca fait rêver!!!). Quant au Pakistan : Guillain n’a pas assez de barbe (quoique…) et Anne-Laure n’aime que moyennement la couleur du tchador…;-) Pour ces bonnes raisons, nous voila donc débarqués par avion (Guillain se flagelle encore) le 30 Août dernier a Dehli…. Nous devrions attendre Kathmandou en velo dans les semaines à venir, Inch’allah… !! ;-)… A bientôt chers amis!!!

Publicités

Une réponse "

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s